Qu'il soit droitier ou gaucher, l’enfant doit apprendre à tenir son crayon sans crisper la main (en utilisant la pince du pouce et de l'index et le support du majeur), à disposer la surface qu'il utilise dans le prolongement de l'avant-bras (correctement placé) tout en adoptant une posture adéquate.


L'application de ces recommandations permettra à l’élève gaucher d’apprendre à écrire sans autres difficultés que celles propres à tout apprenant qu’il soit gaucher ou droitier et sans éprouver la nécessité de tourner le poignet pour passer au-dessus de la ligne d’écriture.

Une habilité plus affirmée de la moitié gauche du corps (oeil, pied, main) trouve son explication dans le cerveau. Celui-ci se divise en 2 hémisphères : le gauche et le droit.

Un contact direct s’établit pour chacun de nous, soit avec l’hémisphère droit (si l’on est gaucher) soit avec l’hémisphère gauche (si l’on est droitier).


Or comme vous pouvez le constater sur le schéma des hémisphères cérébraux, le lobe consacré aux mouvements de l’écriture se situe dans l’hémisphère gauche... Donc en lien direct avec la main droite.

70 % des enfants gauchers adoptent la position du poignet tordu au-dessus de la ligne d’écriture.


La principale raison de cette position est l’absence de recommandations dès le début de l’apprentissage de l’écriture. L’ignorance des méthodes et de la nécessité de tourner la feuille de l’enfant gaucher favorisent largement cette position dite «en col de cygne». Or un apprentissage spécifique et précoce éviterait ce problème.

Par ailleurs, cette position peut entrainer des douleurs au poignet, mais également dans l’avant bras du fait de la mise sous tension de certains muscles.

Les spécificités du gauchers par rapport au droitier

Le gaucher pousse son stylo au lieu de le tirer. Cette action est moins aisée, ce qui peut perturber le bon déroulement cursif et entrainer un mauvaise sens de rotation des lettres.

position dite «en col de cygne»

La feuille inclinée de 30°,

La main sous la ligne d’écriture !

position correcte de la main

Comment et pourquoi devient-on gaucher ?

Sources :

Cependant, lorsqu’on compare l'anatomie d'un cerveau de gaucher prédominant avec celui d'un cerveau de droitier prédominant, on constate comme principale différence un volume accru du corps calleux chez les gauchers. Le corps calleux est la partie qui fait le pont entre les deux hémisphères cérébraux. Dans le corps calleux passent toutes les connections interhémisphériques. La densité des échanges est donc plus importante chez les gauchers que chez les droitiers.


Par ailleurs, des études montrent que le cerveau des droitiers est beaucoup plus standardisé que le cerveau des gauchers, notamment pour la localisation des fonctions. La parole, par exemple se situe dans l’hémisphère droit pour le gaucher, et dans l’hémisphère gauche pour le droitier. Mais en cas de lésion de l’hémisphère dominant, on remarque que les gauchers récupèrent plus vite et mieux que les droitiers. La raison première serait que la fonction «parole» ne serait pas autant localisée chez un gaucher que chez un droitier : celle-ci serait davantage répartit entre les 2 hémisphères. Il est possible que la fonction «écriture» suive ce même précédé de répartition plus égalitaire entre les 2 hémisphères pour un gaucher.

A quel âge choisissons-nous notre main scriptrice ?

Peut-on en changer facilement ?

Il est communément admis que le cerveau est une structure souple, qui s’adapte au changement. En cas de lésion cérébrale importante chez un enfant jeune ou très jeune, le cerveau va recréer la fonction sur l'hémisphère non lésé. Ainsi un enfant initialement droitier va devenir gaucher en cas de lésion de son hémisphère dominant.


Lorsque la mains scriptrice n’est pas celle qui convient à l’enfant, il est donc possible de procéder à une re-latéralisation. Vous trouverez un exemple de relatéralisation dans les résultats du site.

Comment être certain qu’il soit gaucher ?

Il est communément admis qu’un enfant qui entre en Cours Préparatoire est latéralisé.... C’est une erreur, car à 6 ans, encore 30 % des enfants n’ont pas choisi leur main scriptrice. Lorsque l’enfant hésite, il ne faut pas le «pousser» à l’utilisation de l’une ou l’autre des mains (souvent, la droite) . Laissez votre enfant choisir sa main sans l’influencer, et si besoin, consultez pour l’aider à déterminer sa latéralité.

En effet, d’après les données de McManus et Bryden, deux parents droitiers ont environ 8% de chances d’avoir un enfant gaucher ; cette proportion s’élève à 20% lorsque l’un des parent est droitier et l’autre gaucher ; et enfin lorsque les deux parents sont gauchers, ils ont 26,1% de chances d’avoir un enfant gaucher. Cependant, les facteurs génétiques ne sont pas les seuls à entrer dans la détermination latérale. Il faut lier à cela les facteurs environnementaux ainsi que l’apprentissage.

Environ 1 enfant sur 10 est gaucher. Ce nombre est en augmentation constante depuis 40 ans... Le fait de ne plus contrarier ces enfants gauchers est la raison principale de cette augmentation. Mais le fait d’avoir un parent gaucher augmenterait les probabilités de devenir gaucher pour un enfant.

Du côté du cerveau...

Mc Manus, Bryden The genetics of handedness, cerebral dominance and lateralization. 1992

Voici quelques gestes à faire faire «mine de rien» à votre enfant afin de vous assurer du côté dominant. Je ne parle ici que de la main dominante, car il arrive fréquemment qu’un gaucher de main soit aussi droitier de l’oeil ou du pied...

Croiser les bras : l’enfant place sa main gauche sur le bras droit

Regarder dans une longue vue : avec quelle main porte t-il l’objet vers son oeil ? (peut importe l’oeil !)

Mélanger: avec quelle main l’enfant mélange t-il son chocolat dans son lait ?

La préparation du gâteau ?

Le sucre dans le yaourt ?

Tailler : avec quelle main l’enfant taille t-il son crayon de couleur ?

Distribuer : avec quelle main l’enfant distribue t-il les cartes ? Les crayons ? les couverts ?

En cas de doute, consultez !

Une mauvaise latéralisation entrainera inévitablement une dysgraphie...